Le travail sur la notion de technique en cours de philosophie

20 juillet 2017

Le Groupe Ressources a repris dès septembre 2016 le travail de recherche pédagogique initié pour la première fois en 2013 par Monsieur Nesme.
Le thème de notre réflexion de cette année fut sans doute le plus complexe que nous ayons travaillé : l’articulation conceptuelle le travail, la technique et l’art dans les séries générales et technologiques.
Notre objectif fut de renouveler, et dans le fond et dans la forme, l’approche problématique et le contenu de ce moment du programme, moment qui est en un sens commun à toutes les séries, mais qui doit prendre en compte leurs spécificités. Notre souci fut comme d’habitude de partir de la situation des élèves face à ces notions : comment les conduire à éviter une réflexion binaire ou disjonctive à propos de la question de la technique ? Et aussi de la situation des professeurs qui peinent parfois à investir cette notion en la décloisonnant de sa contextualisation spontanée et il est vrai soulignée par les indications du programme officiel, voire la présentation des manuels scolaires.
Plusieurs interrogations ont retenu notre travail collectif pour lequel nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises cette année : Comment impliquer la notion de technique en dehors de son rôle dans l’organisation du travail, celle qui naît de la révolution industrielle et celle de sa dématérialisation actuelle ? Comment faire vivre cette notion de technique à chaque grand moment du programme, c’est à dire aussi bien dans le cours d’épistémologie (cf. articulation machine /vivant par exemple), que dans le cours sur la morale (par exemple, quid des valeurs véhiculées par nos usages quotidiens des objets techniques), ou dans le cours sur les notions de Sujet, celle de liberté, etc. Dans cette perspective, nous nous sommes également demandés quels objets techniques pouvaient servir de paradigme pour rendre compte de la technique comprise comme milieu et comme projet socio-historique ou politique, et pas seulement comme ensemble d’instruments ? Et bien sûr, quelles nouvelles interrogations appellent la technologie de notre monde contemporain, celui de l’intelligence artificielle ?
L’articulation art et technique fut également riche en questionnements, par exemple : Quelles pratiques ou oeuvres artistiques interrogent de manière inattendue le geste technique et celui de la création ? Ainsi l’exemple de la photographie rapportée à la peinture fut l’occasion de formaliser pour les élèves des expériences de pensée et d’analyse sémiologique montrant que la technique devait être abordée à partir d’un autre schéma que celui des avantages et des inconvénients.
Par ailleurs, nous nous sommes également préoccupés de débusquer des textes peu pratiqués en classe, ou du traitement innovant de références plus classiques.
La matière de ces discussions a permis d’élaborer un stage de formation destiné à un public désigné par Monsieur l’Inspecteur Pédagogique. Ce stage a réuni une quarantaine de personnes le 22 mars 2017. Nous avons réparti le temps de cette journée en deux moments, le premier didactique, le second plus pratique. Ainsi le matin et en début d’après midi nous avons fait des propositions d’outils pédagogiques selon trois axes principaux : I. penser la technique / II. La technique dans les séries technologiques / III. La technique dans les séries générales. Nombre d’exercices, de séquences de cours, de propositions de sujet de rédaction (texte et dissertation) présentés lors de cette journée sont disponibles sur le site académique de notre discipline, ce dont les collègues sont très heureux car c’est un accompagnement précieux pour eux. L’après midi fut occupé à un travail en atelier durant lequel les collègues ont fait des propositions dont le compte-rendu est également mis en ligne.
Au risque de répéter la conclusion de nos précédents rapports, nous tenons à faire entendre le caractère positif de notre investissement. Nous pensons qu’il peut dynamiser les pratiques des uns et des autres, à commencer par les nôtres ! Et que la confrontation des points de vues, de la culture, et même des générations alimente le questionnement qui est au coeur de notre pratique philosophique.