Instructions concernant le travail des élèves – Circulaire n° 77-417 du 4 novembre 1977 (Circulaire abrogée)

Circulaire abrogée le 7 décembre 2009 (BO n°48 du 24 décembre 2009)

(Extrait du BO n°41 du 17 novembre 1977)

Le travail des élèves est la condition des progrès qu’ils sont appelés à faire dans l’acquisition des connaissances et dans la pratique méthodique de la réflexion. L’organisation de ce travail fait donc partie intégrante de l’enseignement; elle requiert de chaque professeur une invention personnelle en accord avec son style propre. Les présentes instructions visent à favoriser l’initiative de chacun sans alourdir ses tâches: elles conseillent de diversifier les exercices écrits et oraux, de solliciter la coopération active de la classe, de prévoir une cadence régulière qui incite les élèves à organiser leur travail personnel.

La liste des travaux et exercices proposés ci-dessous n’est pas limitative :

  1. La dissertation joue un rôle essentiel dans l’enseignement philosophique; elle permet d’apprécier l’exercice du jugement, la conduite d’une réflexion cultivée et l’aptitude à les exprimer par un discours ordonné. Elle ne prend sa vraie signification que si elle est entièrement rédigée. Les élèves doivent être invités à entreprendre ce travail dès le début de l’année. Il est souhaitable, surtout en ce début, que leur recherche personnelle soit préparée par des exercices appropriés (analyses de notions, études de textes, lectures à la fois délimitées et diversifiées en relation avec le sujet proposé, etc.). Chaque sujet donne lieu en classe à un compte rendu d’ensemble en rapport avec les copies corrigées. Il n’est pas recommandé de proposer pour chaque devoir un choix de sujets risquant de disperser l’effort du professeur sans faciliter le travail des élèves.
  2. L’initiation aux œuvres philosophiques se fait sous forme soit d’explications préparées orientées de préférence par des questions, soit de lectures dirigées, soit de comptes rendus de lectures oraux ou écrits. L’étude de ces textes commence au début de l’année; elle est d’autant plus profitable qu’elle est plus étroitement solidaire de l’étude des notions et des problèmes. Il est essentiel de distinguer de façon explicite la fin assignée à l’étude d’un texte : étude suivie d’une œuvre philosophique ; dissertation visant à dégager l’intérêt philosophique d’un fragment; étude d’un bref passage intégré à une leçon, à laquelle il peut servir de point de départ, de conclusion, d’exemple, de base, d’analyse et d’argumentation…, ce qui implique que le sujet de la leçon ait été préalablement posé et que son développement soit organisé de façon autonome.
  3. Il convient de prévoir des préparations et des exercices qui sollicitent l’expérience et la culture des élèves: analyse de notions, explication et définition de termes de la langue commune, description méthodique d’exemples et de situations éventuellement empruntés à des œuvres littéraires. Les discussions et les débats, s’ils sont spécifiquement philosophiques et s’ils s’achèvent par une mise au point, une synthèse, un bilan, peuvent servir à faire apparaître, au sein de la philosophie elle-même, les solidarités ou les tensions qui unissent ou opposent les concepts et les problèmes.
  4. La consultation et l’utilisation d ‘études spécialisées et documents visent à fournir ou à préciser des informations concernant les domaines de la connaissance et des sciences qui importent à la pensée philosophique (histoire des sciences, linguistique, ethnologie, etc.). Il y a intérêt à les distinguer nettement de l’explication proprement dite qui porte sur les grands textes philosophiques.

Les divers travaux et exercices figurent, à côté du titre des leçons, sur le cahier de textes (considéré comme le « journal de bord ») de la classe, auquel tout élève doit pouvoir en permanence se référer.

Les élèves doivent être fermement engagés à effectuer ces travaux et ces exercices, selon un rythme régulier. En ce qui concerne les dissertations, la périodicité suivante est recommandée: dans la section A, par trimestre, trois dissertations en temps libre et une épreuve en temps limité; dans les autres sections terminales, par trimestre, deux dissertations en temps libre et une épreuve en temps limité. Cette périodicité concerne le travail des élèves; quand le nombre des copies est élevé, il est recommandé, plutôt que de réduire la fréquence des dissertations, d’alléger le travail de correction.

Quant aux exercices, leur périodicité peut varier selon les cas ; toutefois, il convient de prévoir pour la section A au moins trois exercices par mois et, pour les autres sections, au moins deux exercices par mois. Les élèves sont invités à consigner les exercices et les comptes rendus dans un cahier distinct du cahier de cours qui doit toujours laisser apparaître la continuité et l’ordonnance de l’enseignement. Le contrôle des cahiers et des travaux autres que la dissertation s’effectue aisément en classe et n’alourdit pas la tâche du professeur.

Ces travaux et exercices de durée variable revêtent des formes diverses, écrites ou orales, individuelles ou collectives. Leur pratique régulière favorise la vérification du travail accompli et l’approfondissement critique des connaissances déjà acquises ; elle permet en outre, en anticipant sur les leçons prochaines, de préparer la collaboration active des élèves à la progression de l’enseignement et d’alléger ainsi les charges du cours.